Cloud gaming : définition, histoire et services pour jouer partout

Ce qu'est le cloud gaming, d'où il vient, quel service choisir selon vos jeux et quelle connexion prévoir, chez vous comme en déplacement.

  • Pour qui : joueurs occasionnels et curieux
  • Niveau Niveau débutant
  • Lecture : 8 min
Une personne joue sur un téléviseur avec une manette sans fil, un petit boîtier de streaming posé sous l'écran

Le cloud gaming consiste à jouer à un jeu vidéo qui tourne sur un serveur distant : votre écran reçoit une vidéo du jeu, et vos commandes repartent vers ce serveur par Internet. Vous n’avez besoin ni d’une console récente ni d’un PC puissant, mais d’une connexion stable. Les premières offres grand public datent du début des années 2010. Le bon service dépend surtout de ce que vous avez déjà : des jeux achetés sur PC, un abonnement console, ou rien du tout.

Cloud gaming : définition simple

On parle aussi de « jeu en nuage », de « jeu à la demande » ou de jeu en streaming. Le principe : l’exécution du jeu quitte votre console ou votre ordinateur pour un centre de données, c’est-à-dire un bâtiment rempli de serveurs équipés de cartes graphiques. Votre appareil devient un « client léger » : il affiche l’image et transmet vos actions, sans calculer le jeu lui-même.

Une session se déroule en boucle, plusieurs dizaines de fois par seconde :

  1. vous appuyez sur une touche de la manette, du clavier ou de l’écran tactile ;
  2. l’action part vers le serveur, qui calcule l’image suivante du jeu ;
  3. le serveur compresse cette image dans un flux vidéo (formats H.264 ou H.265) et vous l’envoie, avec le son ;
  4. votre appareil décode la vidéo et l’affiche.

Le délai entre votre action et son effet à l’écran s’appelle la latence. C’est elle, plus que la définition de l’image, qui décide si un jeu reste agréable. Le cloud gaming diffère donc d’une vidéo en streaming : le flux circule dans les deux sens et la moindre attente se ressent dans la manette.

Le même mot « cloud » recouvre d’autres usages qu’il ne faut pas confondre. La sauvegarde de vos parties en ligne (le « cloud save ») ne fait pas tourner le jeu à distance. Le jeu à distance depuis votre propre PC, comme Steam Remote Play, utilise votre machine à la maison comme serveur : ce n’est pas du cloud gaming au sens strict. Techniquement, c’est une application du cloud computing : la puissance de calcul est louée à distance au lieu d’être achetée.

Histoire du cloud gaming, des pionniers aux offres actuelles

L’idée de faire tourner un jeu à distance a été testée dès les années 2000, mais les connexions de l’époque ne suivaient pas. Les étapes qui comptent :

  • 2010 : OnLive lance aux États-Unis l’un des premiers services grand public. La latence et la qualité d’image freinent son adoption, et le service ferme quelques années plus tard.
  • 2012 : Sony rachète Gaikai, autre pionnier du secteur. Sa technologie sert de base à PlayStation Now, aujourd’hui fondu dans l’abonnement PlayStation Plus Premium.
  • 2018 : NVIDIA ouvre GeForce Now sur Windows, après une première version appelée GRID.
  • 2019 : Google lance Stadia, qui ferme en 2023. Cet échec rappelle qu’un service de cloud gaming peut disparaître, avec les jeux qu’on y a achetés.
  • 2020 : Microsoft intègre son cloud gaming, alors appelé xCloud, à son abonnement Xbox Game Pass Ultimate.
  • Depuis : Amazon lance Luna, Shadow relance une offre de PC en ligne, Microsoft étend Xbox Cloud Gaming aux téléviseurs Samsung et aux clés Fire TV d’Amazon, selon ses annonces publiées sur Xbox Wire.

Quel service de cloud gaming choisir selon votre usage

Les services ne vendent pas la même chose. Certains vous louent de la puissance pour lancer des jeux que vous possédez déjà, d’autres donnent accès à un catalogue inclus dans l’abonnement, un dernier vous loue un ordinateur entier. Le tableau ci-dessous classe les principaux services par modèle.

Service Ce que vous payez Les jeux Pour qui À vérifier avant de s’abonner
NVIDIA GeForce Now De la puissance de calcul, avec une formule gratuite limitée Vos jeux achetés sur des boutiques PC (Steam, Epic Games Store, Ubisoft Connect…) Joueurs PC sans machine assez puissante Que vos jeux figurent dans la liste des titres compatibles
Boosteroid De la puissance de calcul Vos jeux achetés sur des boutiques PC Alternative à GeForce Now Liste des jeux pris en charge, qualité d’image proposée
Xbox Cloud Gaming Un abonnement Xbox Game Pass Le catalogue de l’abonnement Joueurs Xbox, ou qui veulent un catalogue sans acheter de console Quelle formule du Game Pass inclut le cloud, et à quelles conditions d’usage
PlayStation Plus Premium L’abonnement PlayStation le plus complet Un catalogue de jeux PlayStation, dont des titres anciens Amateurs des jeux de Sony Jeux disponibles en streaming, appareils compatibles
Amazon Luna Des « chaînes » de jeux, dont une sélection incluse avec Prime Catalogue par chaîne, certaines payantes en plus Abonnés Prime, dans les pays où Amazon a ouvert le service : vérifiez sa disponibilité en France avant de compter dessus Disponibilité et contenu du catalogue en France
Shadow Un PC Windows complet hébergé à distance Aucun jeu inclus : vous installez ceux que vous achetez Ceux qui veulent jouer et travailler sur la même machine distante Puissance de la configuration louée, coût total
Blacknut Un abonnement à un catalogue familial Jeux familiaux et indépendants, peu de grosses productions Familles, enfants Disponibilité de l’offre grand public, qualité d’image

Nous n’indiquons pas de tarifs : les formules sont réorganisées régulièrement. Le comparatif de Tom’s Guide, daté de mai 2024, en relevait, mais ils ne peuvent plus servir de référence. Consultez la page tarifs de l’éditeur le jour de l’achat et comparez à usage égal : définition maximale, durée de session, file d’attente aux heures chargées, nombre d’heures incluses.

Les cas les plus courants

  • Vous avez une bibliothèque Steam ou Epic mais un vieux portable : GeForce Now ou Boosteroid. Commencez par l’offre gratuite quand elle existe, pour tester votre connexion.
  • Vous voulez jouer à des nouveautés sans acheter chaque jeu : Xbox Cloud Gaming, via le Game Pass, ou PlayStation Plus Premium si vous préférez les jeux de Sony.
  • Vous voulez un ordinateur complet, pour jouer et pour travailler : Shadow. C’est la solution la plus souple, et l’une des plus chères selon Tom’s Guide.
  • Vous cherchez des jeux pour les enfants : Blacknut, conçu pour la famille avec contrôle parental, si l’offre est accessible chez vous.

Une précision sur « Steam cloud gaming », souvent recherché : Steam ne propose pas de serveurs de jeu. Pour lancer vos jeux Steam à distance, passez par GeForce Now, Boosteroid ou Shadow.

Quelle connexion Internet pour le cloud gaming ?

Le débit nécessaire dépend de la définition de l’image. Le débit se mesure en mégabits par seconde (Mbit/s) : c’est la quantité de données que votre ligne transporte chaque seconde.

Définition de l’image Débit indicatif Source
720p (HD) 10 Mbit/s minimum Tom’s Guide, 2024
1080p (Full HD) 15 à 20 Mbit/s Tom’s Guide, 2024
4K 35 Mbit/s conseillés par Amazon pour Luna Tom’s Guide, 2024

Selon les offres, la fourchette va d’environ 6 à 50 Mbit/s. Chaque éditeur publie son propre minimum dans sa page d’aide : c’est ce chiffre qui fait foi pour le service choisi.

Le débit ne suffit pas. Une ligne rapide mais instable donne des saccades. Trois réglages améliorent la stabilité :

  • branchez l’appareil en Ethernet (câble réseau) quand c’est possible ;
  • à défaut, connectez-le en Wi-Fi sur la bande 5 GHz, moins encombrée que la bande 2,4 GHz, et rapprochez-le de la box ;
  • évitez les gros téléchargements sur le même réseau pendant la partie.

Si le jeu saccade malgré une bonne ligne, le problème vient souvent du réseau Wi-Fi domestique plutôt que de l’abonnement Internet. La plupart des applications de cloud gaming intègrent un test de connexion : lancez-le avant de payer.

Quel matériel faut-il pour jouer dans le cloud ?

Presque tout appareil récent fait l’affaire, à condition que le service le prenne en charge :

  • ordinateur : Windows dans tous les cas, macOS plus rarement, ou un simple navigateur pour certains services ;
  • smartphone et tablette : Android avec une version système récente (Tom’s Guide déconseille tout ce qui précède Android 6.0) ; sur iPhone et iPad, l’accès passe souvent par le navigateur Safari ;
  • téléviseur : certaines TV connectées, des boîtiers comme la clé Fire TV ou la NVIDIA Shield, et parfois la box de votre opérateur ;
  • console : Xbox et PlayStation pour les services de leur constructeur ;
  • manette : un modèle Bluetooth compatible, indispensable sur téléviseur et confortable sur mobile.

Certains services fonctionnent aussi sur des casques de réalité virtuelle. L’usage reste marginal : la latence se ressent davantage quand l’image suit les mouvements de la tête, et la réalité virtuelle exige un affichage très réactif.

Jouer en déplacement : 4G, 5G, train et forfait mobile

Le cloud gaming fonctionne en mobilité, avec les mêmes besoins de débit qu’à la maison. Le premier poste à surveiller est votre forfait. Le calcul est simple : un débit de 10 Mbit/s pendant une heure représente 36 000 mégabits, soit environ 4,5 Go. À 20 Mbit/s, une heure de jeu consomme environ 9 Go. Un forfait limité s’épuise donc en quelques sessions.

La 4G peut suffire pour du 720p si le signal est bon. Le réseau 5G offre plus de débit, mais la latence varie selon la couverture et le nombre d’utilisateurs sur l’antenne. En train, les changements d’antenne, les tunnels et le Wi-Fi à bord partagé entre tous les passagers rendent la partie très irrégulière.

Pour limiter les dégâts en déplacement :

  • baissez la définition dans les réglages de l’application : 720p sur un écran de téléphone se voit peu ;
  • privilégiez les jeux tolérants à la latence (aventure, stratégie, tour par tour) plutôt que les jeux de tir, de combat ou de puzzle compétitif comme Puyo Puyo Tetris 2 ;
  • utilisez le partage de connexion de votre téléphone sur un ordinateur portable seulement si votre forfait le permet ;
  • vérifiez les conditions du forfait à l’étranger avant de jouer en itinérance.

La réserve

Le cloud gaming a des contreparties qu’il vaut mieux connaître avant de s’abonner.

  • La latence ne disparaît jamais. Elle reste supérieure à celle d’une console posée sous la télévision. Dans les jeux vidéo compétitifs, tir ou combat en ligne, la différence se sent.
  • Vous ne possédez pas le catalogue. Les jeux inclus dans un abonnement peuvent être retirés ; Tom’s Guide le signalait déjà pour PlayStation Plus. Et un service peut fermer, comme Stadia.
  • Les conditions changent. Durée maximale de session, file d’attente sur les formules gratuites, nombre d’heures incluses : relisez les conditions à chaque renouvellement.
  • Le coût s’additionne. Sur plusieurs années, la somme des abonnements peut dépasser le prix d’une console. Faites le calcul avec les tarifs du jour.
  • La qualité dépend de votre ligne, pas seulement du service. En zone mal desservie, le cloud gaming reste frustrant.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


C'est quoi le cloud gaming ?

C’est une façon de jouer où le jeu tourne sur un serveur distant et non sur votre appareil. Vous recevez une vidéo du jeu et vos commandes partent vers le serveur par Internet. Un téléphone, une TV connectée ou un vieux portable suffisent, à condition d’avoir une connexion stable.


Quand a été créé le cloud gaming ?

Les premiers essais datent des années 2000. Les premiers services grand public arrivent au début des années 2010, avec OnLive aux États-Unis puis Gaikai, racheté par Sony en 2012. Les offres actuelles, comme GeForce Now ou Xbox Cloud Gaming, se sont installées à partir de la fin des années 2010.


Le cloud gaming est-il gratuit ?

Rarement sans contrepartie. GeForce Now propose une formule gratuite avec des sessions limitées et une file d’attente, et vous devez posséder les jeux. Les autres services demandent un abonnement ; vérifiez les essais et les formules gratuites sur la page de l’éditeur.


Peut-on jouer à Fortnite en cloud gaming ?

Oui. Fortnite, gratuit à télécharger, est jouable en streaming sur plusieurs services, dont Xbox Cloud Gaming et GeForce Now, y compris sur smartphone. Les conditions d’accès (compte requis, abonnement ou non) dépendent du service : vérifiez-les sur sa page d’aide.


Le cloud gaming va-t-il remplacer les consoles ?

Pas à court terme. Les connexions rapides et stables ne sont pas disponibles partout, et la latence pénalise les joueurs exigeants. Les constructeurs proposent plutôt les deux en parallèle : une console pour jouer chez soi, le cloud pour jouer ailleurs ou essayer un jeu.